Lorsqu’une holding soumise à l’IS dispose de trésorerie à investir, une question revient systématiquement :
faut-il investir via un compte-titres ou via un contrat de capitalisation ?

À première vue, les deux enveloppes semblent comparables. En pratique, le choix est beaucoup plus subtil — et souvent mal posé.


1. Sur le papier, compte-titres et contrat de capitalisation se valent

Dans une holding à l’IS :

  • Le compte-titres permet d’investir sur l’ensemble des supports financiers.

  • Un contrat de capitalisation haut de gamme (souvent luxembourgeois) offre exactement la même latitude : titres vifs, OPCVM, fonds spécialisés, allocations sur mesure.

👉 La typologie d’investissement n’est donc pas le critère discriminant.


2. Le vrai sujet n°1 : les frais

  • Compte-titres : environ 0,3 % à 0,6 %

  • Contrat de capitalisation : environ 0,7 % à 1 %

Le contrat de capitalisation est plus cher.
Mais ces frais ne rémunèrent pas seulement la gestion financière :
👉 ils achètent aussi de la simplicité fiscale et comptable.


3. Là où tout se joue : la fiscalité… et surtout la comptabilité

C’est ici que le compte-titres devient piégeux.

Dans un compte-titres :

  • Les plus-values et moins-values sont calculées ligne par ligne

  • Les règles varient selon la nature des produits

  • Les OPCVM peuvent générer une imposition annuelle sur des plus-values latentes

  • Les titres vifs ne sont imposés qu’à la cession… mais
    👉 chaque date, chaque prix d’achat et de vente doit être parfaitement suivi

Résultat :
👉 beaucoup de redressements fiscaux dus à une comptabilité incomplète ou approximative.

Le vrai problème du compte-titres n’est pas fiscal.
C’est la capacité de la comptabilité à suivre correctement les opérations.


4. L’avantage clé du contrat de capitalisation

Dans un contrat de capitalisation :

  • La performance est analysée globalement

  • Le calcul de la plus-value est beaucoup plus simple

  • La fiscalité est déclenchée uniquement au rachat

👉 Pour une holding, c’est un confort majeur, notamment quand les arbitrages sont fréquents.


5. Spécificité Nouvelle-Calédonie : un élément déterminant

Contrairement à la France métropolitaine :

  • Pas de prélèvement forfaitaire préalable

  • Pas de régularisation annuelle

👉 En Nouvelle-Calédonie, la plus-value est calculée et imposée à l’IS uniquement à la sortie, au moment du rachat.

Cela renforce encore l’intérêt du contrat de capitalisation en termes de lisibilité et de pilotage.


6. Alors, on choisit quoi concrètement ?

👉 Moins de 60 MF CFP d’actifs financiers

  • Peu d’opérations

  • Peu de lignes
    ➡️ Le compte-titres peut suffire

👉 Plus d’1 milliard CFP d’actifs financiers

  • Organisation structurée

  • Comptabilité dédiée
    ➡️ Le compte-titres peut redevenir pertinent

👉 Entre les deux (cas le plus fréquent)
➡️ Avantage net au contrat de capitalisation, pour sa simplicité et sa sécurité opérationnelle


7. Point d’attention important

Les conseillers financiers préfèrent quasi systématiquement le contrat de capitalisation.
Pourquoi ?
👉 Parce que la facturation de leurs honoraires y est plus simple.

Cela ne veut pas dire que c’est une mauvaise solution —
mais elle doit être choisie pour de bonnes raisons, pas par automatisme.

➡️ Challengez toujours l’option compte-titres.


Conclusion

Le choix entre compte-titres et contrat de capitalisation n’est pas un débat théorique.
C’est une décision :

  • de taille de patrimoine,

  • de complexité opérationnelle,

  • et surtout de qualité de la comptabilité.

Et très souvent, ce que l’on paie en frais sur un contrat de capitalisation…
👉 on l’économise en stress, en erreurs et en redressements.