Investir dans la souveraineté européenne : une allocation stratégique pour les 15 prochaines années

La souveraineté européenne est devenue l’un des grands thèmes d’investissement de la décennie. Les tensions géopolitiques, la réindustrialisation du continent, la sécurisation des chaînes d’approvisionnement et les besoins croissants en défense créent un environnement favorable à certaines entreprises stratégiques européennes.

Dans cette optique, nous avons construit une allocation de long terme visant à capter les principales dynamiques qui devraient façonner l’Europe des quinze prochaines années.

Une approche centrée sur les actifs stratégiques

Contrairement à une allocation purement orientée « défense », cette stratégie repose sur une vision plus large : celle de la souveraineté européenne.

La capacité d’un continent à assurer sa sécurité dépend aujourd’hui autant de ses capacités militaires que de sa maîtrise des technologies critiques, de ses infrastructures industrielles et de ses savoir-faire stratégiques.

Cette allocation s’articule autour de six entreprises européennes de premier plan.

Thales (20 %) : le pilier de la défense électronique

Leader européen dans les domaines de la cybersécurité, des systèmes de défense, du renseignement et de l’électronique embarquée, Thales bénéficie d’une forte récurrence de revenus et d’un positionnement central dans la modernisation des armées européennes.

Son profil relativement défensif en fait l’un des socles du portefeuille.

Airbus (20 %) : l’aéronautique et le spatial au service de la souveraineté

Airbus occupe une position unique grâce à sa double exposition aux marchés civils et militaires.

Au-delà de l’aviation commerciale, le groupe joue un rôle majeur dans les programmes spatiaux, les avions de transport militaire, les satellites et les technologies stratégiques européennes.

Cette diversification constitue un amortisseur naturel face aux cycles économiques.

ASML (20 %) : l’actif technologique incontournable

Sans ASML, aucun fabricant mondial de semi-conducteurs avancés ne peut produire les puces les plus sophistiquées.

Cette entreprise néerlandaise dispose d’un quasi-monopole mondial dans les machines de lithographie de dernière génération, ce qui lui confère une position exceptionnelle au sein de l’économie numérique mondiale.

Elle représente le pilier technologique de cette allocation.

Infineon Technologies (15 %) : le maillon industriel des semi-conducteurs

Infineon est présent dans de nombreux secteurs stratégiques : électronique de puissance, radars, drones, systèmes militaires, automobile et transition énergétique.

Son exposition à la fois industrielle et technologique permet de bénéficier de la montée en puissance des infrastructures critiques européennes.

Rheinmetall (10 %) : l’exposition directe au réarmement

Le groupe allemand est devenu l’un des principaux bénéficiaires du réarmement européen.

Son activité est directement liée à l’augmentation des budgets militaires, ce qui lui offre un potentiel de croissance important.

Cette position est volontairement sous-pondérée afin de limiter l’impact de la volatilité propre à ce secteur.

Leonardo (15 %) : la diversification stratégique

Le groupe italien Leonardo complète l’allocation grâce à ses activités dans les hélicoptères, l’électronique de défense, les radars et les systèmes complexes.

Cette diversification renforce l’équilibre général du portefeuille tout en maintenant une forte cohérence avec la thématique de souveraineté.

Trois moteurs de performance à long terme

Cette allocation vise à bénéficier simultanément de trois grandes tendances structurelles :

  • Le réarmement européen, déjà engagé et visible à court terme.
  • La transformation industrielle du continent, qui s’étendra sur plusieurs décennies.
  • La souveraineté technologique européenne, devenue un enjeu majeur dans les semi-conducteurs, le spatial et les infrastructures critiques.

Une vision patrimoniale plutôt qu’une simple thématique défense

L’intérêt de cette stratégie réside dans son positionnement. Il ne s’agit pas d’un portefeuille exclusivement tourné vers l’armement, mais d’une exposition globale aux entreprises qui contribuent à l’autonomie stratégique de l’Europe.

La défense devient ainsi une composante d’un thème plus large : celui de la souveraineté européenne.

Pour l’investisseur de long terme, cette approche permet de combiner potentiel de croissance, visibilité industrielle et résilience face aux grandes transformations géopolitiques à venir.